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Reconversion et passerelles : changer de poste ou de métier sans tout jeter

Un jour, l'idée s'installe : « je ne ferai pas ça toute ma vie ». Elle ne veut pas forcément dire qu'il faut quitter le soin. Voici les passerelles que des collègues ont empruntées, de la plus petite à la plus grande.

Quand l'envie de changer s'installe

Il est 18 h 50, la relève approche, et vous vous surprenez à faire le compte : combien de week-ends travaillés cette fois-ci, combien de transferts dans la journée, combien de nuits sur le prochain planning. Ce n'est pas la première fois. L'envie de changer revient de plus en plus souvent.

Les raisons sont rarement les mêmes d'une personne à l'autre. Certains veulent des jours fixes, pour voir grandir leurs enfants ou retrouver un rythme de sommeil normal. D'autres ont le dos qui proteste après des années de port de charges, et la page sur les transferts de patients et le matériel d'aide ne suffit plus à rendre le poste tenable. D'autres encore aiment toujours le soin, mais plus ce service-là, ou plus cette organisation.

Carnet ouvert aux pages vierges avec un critérium posé dessus, sur une table en bois
page blanche, mais pas vide

Et puis il y a ceux qui veulent partir vers un autre métier, tout en gardant ce qu'ils ont appris : l'écoute, la gestion de l'urgence, l'organisation d'une équipe, la connaissance du terrain. Cette expérience a de la valeur, y compris hors des services de soins.

Les passerelles, de la plus petite à la plus grande

Changer de service ou de rythme d'abord

Avant de tout quitter, beaucoup de soignants commencent par un pas de côté. Passer de nuit à jour, d'un service lourd à un service de consultation, d'un poste en 12 h à un poste en 7 h 30, ou rejoindre une équipe de jour fixe. Ce n'est pas toujours possible tout de suite, mais ça se demande. Le bon moment, c'est l'entretien annuel avec votre encadrement : vous pouvez y dire clairement ce qui pèse et ce que vous aimeriez essayer. Parfois, la fatigue des séries de nuits suffit à expliquer l'envie de partir, et un changement de rythme règle déjà une bonne partie du problème.

Le bilan de compétences

C'est l'outil le plus connu pour élaborer un projet d'évolution professionnelle. Dans la fonction publique hospitalière, il est ouvert aux agents titulaires ou contractuels qui ont au moins 2 ans de services effectifs. L'accès est prioritaire notamment quand le médecin du travail constate un risque d'usure professionnelle. La prise en charge se demande à l'ANFH, l'organisme de formation de la fonction publique hospitalière, avec l'accord de congé du chef d'établissement si le bilan a lieu sur le temps de travail.

Ce que les collègues en disent : un bilan ne décide pas à votre place. Il aide surtout à mettre des mots sur ce qu'on sait faire, ce qu'on veut garder et ce qu'on ne veut plus.

La VAE

La validation des acquis de l'expérience permet de faire reconnaître votre expérience, professionnelle ou extraprofessionnelle, par une certification inscrite au RNCP : un diplôme, un titre, un CQP, ou une partie seulement, par blocs de compétences. Il n'est plus nécessaire de justifier d'un an d'expérience. Elle est ouverte à tous les statuts, agents publics compris. Certaines certifications ne s'obtiennent pas par cette voie : un diplôme de médecine, par exemple.

Carnet à spirale ligné avec un stylo-plume posé à côté
lister ce qu'on sait déjà faire

Dans le privé : CPF et PTP

Si vous êtes salarié du privé, le compte personnel de formation (CPF) peut financer des formations certifiantes. Pour un vrai changement de métier, il existe aussi le projet de transition professionnelle (PTP, ou CPF de transition) : il permet de s'absenter pour suivre une formation certifiante, sans qu'elle ait besoin d'être en rapport avec votre activité actuelle. Il faut au moins 2 ans d'activité salariée, dont 1 an dans la même entreprise, et faire une demande écrite à l'employeur. Les modalités précises se vérifient auprès de vos RH ou des représentants du personnel.

Ce qu'on en retient

Quelques pistes proches du soin

Sans rien promettre, voici des directions que des soignants ont prises en gardant leur expérience :

  • la coordination de parcours ou d'équipes ;
  • l'éducation des patients et des familles ;
  • la formation, auprès des étudiants ou des nouveaux arrivants ;
  • la prévention, en entreprise, en milieu scolaire ou auprès du public ;
  • la santé au travail, aux côtés des médecins du travail.

Chacune demande souvent une formation complémentaire, un diplôme spécifique ou une expérience particulière. Renseignez-vous auprès des personnes qui exercent déjà ces métiers : un café avec une infirmière de santé au travail en apprend parfois plus qu'une brochure.

Le repère. Prendre son temps n'est pas reculer. Un projet qui mûrit pendant quelques mois, avec un bilan, des rencontres et un essai, tient souvent mieux qu'une démission sur un coup de tête.

Prendre son temps

L'envie de partir arrive parfois au pire moment : après une garde éprouvante, une série de nuits, un conflit. Ce n'est pas le meilleur moment pour décider. Si c'est l'épuisement qui parle, la page sur ce qui pèse après une situation difficile et la médecine du travail sont de bons premiers interlocuteurs. Et si c'est un vrai projet, il tiendra encore dans quelques semaines, une fois reposé.

Information générale. Cette transmission rassemble des habitudes d'équipes et des repères publics. Elle ne remplace ni une consultation, ni l'avis de la médecine du travail, ni les protocoles de votre établissement : si quelque chose vous inquiète pour votre santé, parlez-en à un professionnel.