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Feuille de relève

Feuille de relève › Manger sur la garde

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Manger pendant la garde : le repas d'avant, la boîte et la fin de nuit

Sur une nuit ou une garde de 12 h, le repas passe souvent après tout le reste. On grignote debout, on oublie de boire, on finit au distributeur. Voici comment des équipes s'organisent pour manger correctement sans y penser toute la nuit.

Ce qu'on observe sur la garde

À 20 h 30, au moment de prendre le service, beaucoup n'ont pas faim. On a mangé « un truc » vers 17 h, ou rien du tout parce que la sieste a débordé. Puis la nuit démarre : tour de chambres, sonnettes, une entrée tardive. À 1 h, l'estomac se rappelle à vous d'un coup.

Ce décalage, tout le monde le connaît. La faim disparaît en début de garde, puis revient franchement au milieu de la nuit, souvent quand le service ne laisse aucune place pour s'asseoir. L'INRS rappelle que le travail de nuit bouscule l'horloge biologique : les repas, eux aussi, tombent à des heures où le corps n'a pas l'habitude de manger.

L'office et le micro-ondes

L'office du 2e, avec son micro-ondes unique et ses quatre boîtes qui attendent. La pause qui sonne en même temps pour trois collègues. Le repas réchauffé à moitié, avalé en cinq minutes entre deux appels. Quand le matériel manque, on finit par ne plus réchauffer du tout.

Le distributeur au bout du couloir

Et puis il y a le distributeur. Il est toujours là, éclairé, à toute heure. Barres, gâteaux, sodas : sur une nuit difficile, c'est la solution la plus simple. Personne ne vous jettera la pierre. Simplement, si c'est le seul repas de la nuit, il ne ressemble pas vraiment à ce que les repères de Manger Bouger ou de l'OMS appellent une alimentation variée.

Ce que les équipes essaient

Pas de régime, pas d'aliment miracle. Les habitudes qui reviennent tiennent surtout de l'organisation. Elles demandent un peu d'anticipation à la maison, mais elles enlèvent une question pendant la nuit : « qu'est-ce que je vais bien pouvoir manger ? » À 2 h du matin, avec une entrée qui arrive, c'est une question de moins.

Un vrai repas avant de partir

Plusieurs soignants de nuit font de leur repas du soir, pris avant de partir, le repas principal. Une assiette complète, à table, avec la famille quand c'est possible. Arriver le ventre plein de quelque chose de chaud change la première partie de la nuit, et on a moins de raisons de fouiller le placard de l'office.

La boîte préparée

Le dimanche ou la veille d'une série, certains préparent plusieurs boîtes d'avance. On y retrouve ce que recommandent les repères habituels : des légumes, des féculents de préférence complets, des légumineuses, un œuf ou un morceau de poisson.

Trois boîtes en verre contenant des repas préparés à l'avance, avec des légumes et des féculents
3 boîtes = 3 nuits sans réfléchir

L'astuce qui revient souvent : prévoir au moins une boîte qui se mange froide. Salade de lentilles, pâtes en salade, taboulé, crudités et œufs durs. Le jour où le micro-ondes est pris ou en panne, vous mangez quand même, assis cinq minutes, sans attendre votre tour.

La collation de fin de nuit

Vers 3 h ou 4 h, le creux arrive. Plutôt que de le découvrir sur place, beaucoup prévoient une petite collation : un fruit, un yaourt, une poignée de fruits secs, une tartine. L'idée n'est pas de compter mais d'avoir quelque chose sous la main, dans le casier ou le frigo du service, pour ne pas dépendre du distributeur.

L'eau, à vue

L'eau comme boisson principale, c'est le repère que donnent l'OMS et Manger Bouger. Sur le terrain, le problème n'est pas de le savoir, c'est d'y penser. Une bouteille posée sur le poste de soins, remplie en début de garde, et qu'on retrouve vide au matin : c'est déjà un bon signe. Pour le café, gardez en tête que son effet dure plusieurs heures et peut retarder l'endormissement une fois rentré.

Le repère. Une organisation simple tient mieux qu'un menu parfait : un repas avant, une boîte, une collation, une bouteille d'eau.

Ce qu'on en retient, à qui s'adresser

Manger sur une garde, ce n'est pas seulement une affaire de volonté. C'est aussi une question de temps, de matériel et d'organisation de l'équipe.

La fin de nuit et le retour

Au moment de la relève, la faim peut revenir, ou disparaître complètement. Beaucoup préfèrent un petit-déjeuner léger avant de se coucher plutôt qu'un gros repas, pour ne pas s'endormir l'estomac lourd. On en parle plus en détail dans dormir en plein jour après la nuit.

Boîte à repas métallique ouverte avec un sandwich et des crudités
le sandwich de secours, toujours

Côté organisation, rien n'empêche d'en parler en réunion d'équipe : un deuxième micro-ondes, un frigo qui ferme, un roulement pour que chacun puisse réellement s'asseoir pour manger. Ça rejoint la question de la vraie pause de la nuit, qui ne se résume pas à un gobelet avalé debout.

Quand se faire accompagner

Si votre alimentation sur les gardes vous préoccupe, si votre poids bouge beaucoup, si vous avez des troubles digestifs qui reviennent ou si vous mangez sans plaisir, parlez-en à la médecine du travail ou à votre médecin traitant. Un professionnel de la nutrition peut aussi vous aider à bâtir des repas qui collent à vos horaires. Pour vous orienter, voici quelques repères pour choisir un diététicien-nutritionniste.

Et si vous voulez voir comment cette transmission s'articule avec les autres, tout est rassemblé sur le tableau des transmissions.

Information générale. Cette transmission rassemble des habitudes d'équipes et des repères publics. Elle ne remplace ni une consultation, ni l'avis de la médecine du travail, ni les protocoles de votre établissement : si quelque chose vous inquiète pour votre santé, parlez-en à un professionnel.